L’absence de call to action. Voilà l’erreur. A force de travailler sur des contenus de sites web, et donc d’auditer des sites existants ou concurrents, je remarque que l’erreur est répandue. Trop de pages web ne mènent à rien si ce n’est à leur propre contenu. Ces pages sont closes. Le visiteur lit quelques lignes, regarde à droite et à gauche, ne voit aucune « incentive » au premier coup d’œil. Pas un lien pour en savoir plus, pas de lien vers une page de contact, une fiche technique, un téléchargement…

Après 300 mots de présentation de votre société, pourquoi ne pas proposer une petite discussion sur le blog de l’entreprise, une demande de rendez-vous ou de renseignements, un lien pour vous suivre sur Twitter ?

Beaucoup de sites vitrines ne mènent à rien, si ce n’est à être sur Google. Être visible n’est pas tout. Il faut que ça serve un objectif secondaire, ou au moins l’utilisateur. Autrement dit, il est grand temps pour beaucoup d’éditeurs de sites de sortir de la logique site vitrine = plaquette. Et de créer un début d’interaction.

A propos d’interaction d’ailleurs, on pourrait, le temps d’une parenthèse, se pencher rapidement sur les styles d’écriture accrocheurs et leurs dérives, avec un cas concret.

L’Effet Ipod

Vous l’avez peut-être remarqué en scannant les dernières campagnes publicitaires, il y a un style d’écriture qui séduit de plus en plus les concepteurs-rédacteurs. Sur le blog de Provokat, on parle de « la maladie de mettre des points après tous les mots pour donner un rythme, de l’importance ou je ne sais quoi ». Perso, je dis « Effet Ipod ».

Apple, avec son petit joujou techno adulé, a démocratisé un style d’écriture saccadé, notamment via les campagnes d’e-mailing pour le produit. Les pubs TV d’Apple ne sont pas en reste avec leur ton direct, épuré et ultra concis. Cette mode rédactionnelle privilégie les accroches courtes, entrecoupées de points, martelées. Comme une façon de taper du poing sur la table, d’attirer l’attention, de théâtraliser l’accroche.

Dans un e-mail d’IPod Shuffle, il est écrit : « Portez votre musique accrochée à la manche ou la ceinture. Ou à votre short de sport. IPod Shuffle. Dans quatre nouveaux coloris éclatants à partir de 49 € TTC. ». La bodycopy pousse cette tendance rédactionnelle à l’extrême.

C’est carrément télégraphique. Et limite indigeste, non ?
Là où le concepteur-rédacteur lambda avait l’habitude de placer des virgules, il tronçonne désormais ses phrases en distinguant expressions d’action, groupes nominaux, épithètes et compléments. Le rythme est énergique, les segments claqués abruptement.